Lilith III, 2

La nuit...
Je suis devant la fenêtre du fond de la salle de l'escalier. Elle donne sur derrière la maison. À côté de moi, la porte des toilettes, sous les marches.
J'entends des pas. Je me retourne.
C'est Elodie qui s'approche.
« Qu'est-ce que tu fais là ? me demande t'elle.
-Arrivais pas à dormir...
-Pourquoi ?
-Des cauchemars, je lui réponds.
-Ho. Attends.
Elle entre dans les WC. Quand elle en ressort, elle m'interroge :
-C'est quoi tes cauchemars ?
-Pas envie de raconter, je l'informe.
-Tu en fais souvent ?
-Oui.
-Tu sais qu'on peut contrôler ses rêves ? dit-elle.
-Quoi, sérieusement ? Comment on fait, ça me serait utile.
-Si tu as un rêve récurrent par exemple, à chaque fois que tu le fais et que t'en souviens, explique Elodie, tu l'écris en détails sur une feuille. Ensuite, quand tu referas le cauchemar, tu pourras être consciente que tu rêves sans te réveiller. Et donc tu pourras le contrôler.
-Je vois...
-Donc tu pourras demander au méchant monstre de disparaître par exemple.
-Merci Elodie. Je vais essayer.
-De rien. Je vais te prêter une feuille et un stylo. »

Troisième jour chez tonton et tata.
Quand j'entre dans la grande pièce du haut, Elodie est sur l'ordi, Quentin sur la console et la musique proclame :
« 'cause the devil is a loser and he's my bitch for better or for worse and you don't care which
The devil is a loser and he's my bitch runnin' into trouble you skitch he's my bitch ha ha ha ha ha
»
Heu, une seconde, il a bien dit « he's my bitch » ? Ce type a pas intérêt à aller en enfer...
J'informe mes cousins que leur mère a proposé une balade dans les environs.

Au final, seul les adultes quittent la maison.
Nous nous retrouvons tout les trois entre cousins à jouer dans le jardin comme des gamins. C'est fou ce que ça peut faire du bien.
Le polaire (léger) est de sortie.
Soudain, un gros pitbull passe à travers les planches du large portail (elles sont assez espacées pour ça ?) en courant et grognant dans notre direction. Il s'approche avec un rapidité hallucinante.
Juste avant qu'il ne bondisse sur Elodie, le chien se retrouve immobilisé, suspendu dans son élan au-dessus du sol au niveau du visage de la fille en noir. Ce qui n'est pas si haut que ça.
Mes cousins ouvrent de grands yeux.
L'animal continu de grogner, la bave aux lèvres. Il doit être enragé.
Je n'ai pas le choix, je crois...
En une fraction de seconde, je l'envois s'écraser contre le mur extérieur de la maison.
À la vitesse à laquelle il était, je pense que peu de créatures « normales » de sa taille auraient survécue au choc.
« J'ai pas pu faire autrement, j'explique à mes cousins. On pourrait peut-être l'enterrer...
-C'est toi qui a fais ça ? demande Quentin.
-Heu...Oui.
-Comment tu fais ? questionne Elodie.
-Hé ben... instinctivement...
Après que je l'ai découvert, mon pouvoir m'est vite devenu aussi naturel que mes membres. Sauf que je ne l'utilise pas en public. Enfin, sauf dans les cas d'extrême urgence...
-C'est incroyable... fait ma cousine.
-Et pourtant... je dis en m'approchant du corps du canidé. Je me penche vers lui.
Il se ranime soudain et me saute au visage.
Ce n'est pas un chien !
Je bascule en arrière. La créature me mord, m'arrachant la joue droite avant de s'enfuir.
Je pousse un cri de douleur. Ca fait un mal de ch... heu, ça fait super mal.
Mes deux cousins m'aident à me relever en s'inquiétant :
-Ca va ?
-Elle pas vraiment l'air d'aller, ça pisse le sang.
-Ce n'est pas un chien normal... j'indique.
- ?
Je porte la main à ma blessure. Mes doigts se retrouvent couverts de rouge.
-Je... je reviens, je vais m'occuper de ça... » j'informe.
Je me précipite vers la salle de bain, dans le couloir, à droite.
Une fois dedans, je nettoie le sang sur mon visage. Mais ça continu à couler.
« Quand tu combattais dans la forêt, tu guérissais à vue d'oeil... » je dis à mon reflet dans le miroir.
J'enlève mes vêtements. Et me transforme.
Ca fait encore moins mal que la dernière fois. Comme si... Mon corps s'habituait...
Ma joue repousse littéralement sous mes yeux. Que je n'arrive pas à détacher de mon image dans la glace.
C'est la première fois que je vois à quoi je ressemble sous cette forme. Ma forme d'hybride...
J'ai du mal à réaliser que ces ailes, cette queue, ces yeux et ses oreilles m'appartiennent.
Il a dit que c'était ma véritable apparence. Mais finalement, c'est quoi une véritable apparence ?
J'essais de faire bouger ma queue. Ça marche. Je me tourne pour essayer de regarder mes ailes dans le miroir. Entre elles, je peux voir ma marque... Etoile maudite, inscrite sur ma peau comme un rappel permanent de...
« Lili ? fait la voix d'Elodie.
-J'arrive ! » je lui réponds.
Je reprends ma forme habituelle. La retransformation en humaine cause aussi de la douleur. Mais là, il y a en plus l'impression de devenir aveugle et sourde...
Je me rhabille et va dans le salon où m'attendent mes cousins.
# Posté le mercredi 28 novembre 2007 09:45
Modifié le vendredi 27 juin 2008 06:44

Lilith III, 3

« Sa blessure a disparu ! s'étonne Quentin.
-Tu as aussi le pouvoir de soigner ? questionne Elodie.
-Non, je lui réponds. Je peux juste me soigner moi. Je voudrais vous demander... Ne racontez à personne ce qui s'est passé. Ca doit rester entre nous.
-Promis, déclare mon cousin.
-Promis, fat ma cousine sur le même ton.
-Qu'est-ce que tu voulais dire par « ce n'est pas un chien normal » ? interroge le brun.
-S'il avait été normal, il aurait pas survécu, je répond.
-Et pour tes pouvoirs... dit la fille en noir.
-J'avais six ans quand je me suis aperçu que j'en avais.
-Tu peux nous faire une démonstration ? demande la blonde.
-Ok, mais juste une fois. Et ça demande beaucoup de concentration. »
Je ferme les yeux. Par mon esprit, je m'élève à un mètre du sol en même temps que je soulève le fauteuil marron dans lequel est assise l'adepte du bracelet clouté.
Puis je repose tout. J'explique que je vais essayer de retrouver le pitbull pour éviter, si possible, qu'il ne fasse des dégâts ailleurs.

Je ressors et lévite vers le toit. Je m'assois dessus en faisant attention de ne pas glisser.
D'ci je vois bien les alentours. Des champs, des champs et encore des champs. Avec quelques habitations, peu nombreuses, perdues au milieu.
Mais pas trace du démon.
Peut-être que si je transformais seulement les yeux...
Je me concentre...
J'ai réussis ! Ma vision s'est nettement améliorée. Comme si j'avais multiplié la résolution de l'image.
Cet oiseau, sur l'arbre là-bas, je ne l'avais pas vu tout à l'heure à cause de la distance. Maintenant, je peux presque détailler ses plumes.
Mais où il est passé, l'autre animal ?
Mon regard glisse vers le jardin.
Hé mais le molosse est toujours là ! Au fond du jardin ! Il a l'air d'attendre. Et il fait encore plus « chien méchant » sous l'apparence que je lui vois maintenant.
Rouge, sans fourrure, tellement de crocs qu'il en a du mal à fermer la gueule, une série de pointes osseuses noires le long de son échine... à part ça, il n'a pas changé.
J'utilise mon pouvoir pour aller le rejoindre.
À peine je pose le pied par terre que le démon se met soudain à grossir. Jusqu'à prendre la taille d'un taureau. Il se jette sur moi, touts crocs dehors.
Le monstre est soudain projeté violement en arrière. J'ai utilisé mon don surnaturel par réflexe. Ce n'est pas la première fois.
Alors que le chien se relève, je me concentre.
Il se retrouve suspendu à environs deux mètres du sol. Il aboie furieusement. J'ai rarement entendu aboiement aussi grave.
Je ne dois pas me laisser déconcentrer !
Le démon-chien pousse un couinement absolument horrible juste avant que sa tête ne soit arrachée de son corps.
Je reprends mes yeux humains. J'ai l'impression d'être devenue très sérieusement myope. Myope comme une taupe.
Mais je vois quand même assez bien le cadavre de la créature pour constater que l'illusion a apparemment cessé de faire effet.
Elodie accourt vers moi. Le temps qu'elle arrive, la dépouille a déjà disparue en fumée.
« C'était quoi, ça ? Et comment il a disparut ? demande t'elle.
-C'était le chien de tout à l'heure. Je pense que c'étai un démon.
Ma cousine écarquille les yeux.
-Un démon ? Mais n'existe pas ! s'écrit-elle.
-T'as devant toi une fille qui a des pouvoirs surnaturels, tu viens de voir sous tes yeux le cadavre d'un gros monstre partir en fumée sans laisser de traces et tu pense encore qu'il y a des trucs impossibles ? je lui fait remarquer.
-Heu... » elle semble ne pas savoir quoi répondre.

Le reste du séjour se passe sans incident.
Quentin Et Elodie ont vite arrêté de me poser des questions. Parce que je leurs ais dis que je ne voulais pas en parler.

Fin de l'épisode II


NDA: l'épisode IV devrait être plus interressant : quelques révélations y seront faites ;)
# Posté le mercredi 28 novembre 2007 10:50
Modifié le vendredi 27 juin 2008 06:43

Lilith, IV, 1

Je suis rentrée chez moi, il reste encore quelques jours de vacances avant la reprise des cours. Il est un plus d'une heure du matin.
Je sors devant la maison. Julien m'attend devant le portail. Il est à l'heure au rendez-vous.
Je lui raconte ce qui s'est passé chez mes cousins.
« ...et par réflexe, je l'ai projeté plus loin...
-Avec ton pouvoir ? m'interrompt le demi ange.
-Bien sûr, je réplique. J'ai pas assez de force pour soulever un animal aussi gros avec mes muscles. Enfin... sous ma forme humaine en tout cas.
-Ton pouvoir peut se déclencher par réflexe ?
-À ton avis, comment je l'ai découvert ?... En fait ce genre de... d'automatisme n'arrive que quand je suis en danger. Et avec le démon chien, s'était seulement la troisième fois.
J'enchaîne en lui racontant la suite.
-Envoyer ses démons t'attaquer toi et ta famille adoptive... Ton père a des méthodes bizarres pour te convaincre de le rejoindre.
Le mot « père » associé à Satan me fait grimacer.
-Julien...
-Oui ?
-Je n'ai qu'une seule famille, celle qui m'a élevée. Et je n'en aurais jamais d'autre. Que j'ai des liens biologiques ou non avec elle, aucune importance, ça n'y change rien. Et Satan ne sera jamais mon père. Jamais... Tu vois la différence entre un père et un géniteur est énorme...absolument énorme...
-Si tu y tiens, Lilith...
-J'y tiens. (Je reprends après une longue pause) C'est vrai que ça peut paraître comme stratégie de... Je pense qu'il veut voir ce que je sais faire.
-Une mise à l'épreuve ? suppose l'autre hybride.
-Sûrement. Dans la forêt, j'ai pu voir l'augmentation de mes pouvoirs et de ma force quand je suis sous mon autre forme. Et aussi qu'elle me permettait de voir à travers les illusions. Chez mes cousins, j'ai appris à me transformer partiellement...
-Hum...
Il tourne soudain la tête vers l'ouest.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Je lui demande.
-Tu as entendu ça ? questionne t'il précipitamment.
-Entendu quoi ? -Ca venait du côté de chez moi ! s'écrit Julien. Tu peux nous y conduire ?
-Oui, mais si on nous voit voler c'est ta faute. »
Je l'agrippe et nous fait décoller par-dessus les toits.
Guidée par le demi ange, je nous conduis près de chez lui.
Un oiseau genre corbeau est posé sur le rebord du toit de l'immeuble de Julien
« C'est lui que j'ai entendu ! déclare l'autre hybride en désignant l'animal du doigt.
-Tu peux entendre un oiseau d'aussi loin ? je m'étonne.
Mais comment ça ce fait que j'arrive encore à m'étonner ?
-C'est pas un oiseau. Les oiseaux ont des plumes.
-On ne voit pas la même chose...Un démon ? je présume.
-J'en suis sûr. »
Le démon ailé décolle d'un coup et se dirige vers nous, qui sommes toujours suspendus en l'air.
Julien lui envoie un rayon de lumière.
Mais sa lumière à lui n'est visiblement pas aussi rapide que celle du Soleil. Puisque la créature arrive à esquiver le tir.
Encore une attaque lumineuse, encore une esquive. Et ainsi de suite.
Le jeune homme commence à s'énerver et à tire un peu n'importe où.
À chaque fois qu'il envoie son truc lumineux... En fait, la proximité de cette lumière me rend mal à l'aise.
« Immobilise-le ! » m'ordonne le demi ange
Hé, c'est tout juste si j'arrive à nous maintenir en l'air entre mon vertige, sa loupiote et lui qui me crie dessus !
Je vais nous poser au sommet de son immeuble.
« Mais pourquoi tu fais ça ?!
Une fois les pieds posés sur le toit, je lui réplique
-C'était ça ou on s'écrasait par terre !
Le démon oiseau s'approche de nous, ouvre le bec...Aucun sons n'en sort.
Julien se bouche les oreilles et tombe à genoux.
-Haa...fait-il.
-Des ultrasons ? Ou un truc dans le genre ? je m'interroge.
C'est que l'autre hybride à l'ouïe très fine.
Le volatil fait des cercles autour de nous. À chaque fois qu'il ouvre le bec, le jeune homme pousse un petit cri de douleur.
J'immobilise la créature démoniaque et la force à s'approcher un peu plus. Il va pour pousser une nouvelle salve d'ultrasons. Je lui ferme son clapet.
Julien se relève soudain et envoie un rayon qui grille la volaille sur place.
Les cendres retombent.
« Ca va ? je demande au demi ange.
-Quoi ?
-Tu n'entends pas ce que je dis ?
-Je...je n'entends pas ce que tu dis. Ce foutu démon m'a détruit l'oreille.
-J'espère que ça va s'arranger, je fais avec un peu d'inquiétude.
-Hé, je sais pas lire sur les lèvres.
Je pousse un soupir et trace du doigt dans l'air les lettres J E S P E R E Q U E C A V A S' A R R A N G E R.
-Moi aussi, répond t'il. »
Nous descendons, entrons dans le bâtiment et prenons les escaliers (ascenseur en pane) pour entrer dans L'appartement de Julien.
Et au moment où nous refermons la porte...
# Posté le mercredi 05 décembre 2007 05:13
Modifié le vendredi 27 juin 2008 06:42

Lilith, IV, 2

« Bonsoir, nous salut une femme aux longs cheveux roux vêtue d'une chemise de nuit blanche. Elle doit avoir la quarantaine, ou pas loin.
-Bonsoir maman, dit le jeune homme.
-Bonsoir, je rajoute.
La mère du demi ange se lève du canapé vert où elle était assise. Elle est assez grande. Elle se poste devant moi.
-Je suppose que tu es Lilith ?
-Oui, je réponds.
-Julien m'a parlé de toi, informe la femme.
-Heu...il vous a dit quoi exactement ?
Est-ce qu'il lui a dit que...
-Que tu avais des pouvoirs surnaturels. Que tu faisais bouger les choses et les gens par la pensée.
-Oui.
-Je commence à entendre à nouveau ! s'exclame l'autre hybride.
-On a croisé un démon qui faisait des ultrasons, je m'empresse d'expliquer.
-Je vois. Mon fils t'a entraînée dans ses chasses.
-Hé, je t'entends maintenant, maman.
-J'ai choisis librement de chasser les démons, je réplique. J'ai mes raisons pour ça.
-J'imagine, dit simplement la mère de Julien.
-En tout cas, il y a de nouveau des démons en ville. Je ne pense pas que celui de tout à l'heure soit venu seul, déclare le demi ange.
-Je peux discuter seule à seule avec toi, Lilith ? me demande la femme rousse.
-Heu...ok, je réponds.
-Je vais dans ma chambre alors, informe le jeune homme.
Il quitte la pièce. Puis nous nous asseyons sur le canapé, côte à côte.
-Qu'est-ce que vous vouliez me dire madame...mademoiselle...
-Appelle-moi Sylvie, me prie l'adulte.
-Ok, Sylvie. Je peux te tutoyer ? Je n'aime pas vouvoyer les gens.
-Mais bien sûr, me dit-elle. Dis-moi, Lilith, tes parents sont au courant ?
-Que j'ai des pouvoirs ? Oui. Que je me suis mise à chasser avec Julien ? Non, j'indique.
-La question va te paraître un peu brusque mais...As-tu été adoptée ? questionne Sylvie.
Cette interrogation me fait presque sursauter.
-Heu...hé bien... Oui, je l'ai appris récemment. Pourquoi ?
-Tu vois... J'ai connu une jeune fille qui te ressemble beaucoup. Ca fait un peu plus de quinze ans que je ne l'ai pas vue.
Qui me ressemble...quinze ans... Ce pourrait-il que... ?
-Dis-m'en plus, je lui enjoins.
-Julien avait trois ans... Elle était sa baby-sitter. Comme je suis infirmière, j'avais énormément besoin de faire garder mon fils... Elle s'était mise à ne porter que des vêtements très amples. Et a fini par me confier qu'elle était enceinte. Elle n'a jamais voulu me dire qui était le père, ni ce qui s'était passé avec lui.
Elle m'a fait jurer de garder le secret. Elle a accouché dans ma salle de bain. Heureusement, j'étais là. Et j'ai vu le bébé. Une fille.
-Cette fille n'était pas tout à fait humaine, je suppose.
Non, en fait, je ne suppose pas.
-Elle avait des moignons d'ailes, une petite queue de démon... continu la mère de Julien.
-C'est une hybride, je l'interromps.
On sait toutes les deux que c'était moi le bébé, alors pourquoi je parle de moi-même à la troisième personne ?
-Elle a décidé de te nommer Lilith. Puis est partie dans un autre pays. En Angleterre, si je me souviens bien. C'est moi qui t'ai déposée là où on te trouverait.
-Elle ne t'a pas donné plus d'informations ? Et comment s'appelle t'elle ?
-Lucie. répond l'infirmière. Et elle ne m'a rien dit de plus.
Hé, juste un truc...
-Le mot qui...c'était Lucie qui l'avait écris ? Ou toi ?
-C'est moi qui ai écris, mais c'est elle qui a dicté.
Ca fait beaucoup d'informations d'un coup. Mais il reste au moins une question très importante pour moi qui reste encore sans réponse.
-Pourquoi n'as-tu plus d'ailes aujourd'hui ? questionne Sylvie.
-En fait je les ai toujours...mais pas sous cette forme.
Je lui raconte ma rencontre avec Satan en regardant dans le vague, droit devant moi.
Je sens la main de la mère du demi ange se poser sur mon épaule.
-Ca a dû te faire un choc.
-J'en fais des cauchemars...En ce moment, j'apprends à contrôler mes rêves...
-Contrôler tes rêves ? »

J'ai entendu dire que le lycée organisait un séjour en Angleterre pendant les vacances de noël.
Je pourrais peut-être m'y inscrire...
# Posté le mercredi 05 décembre 2007 06:29
Modifié le vendredi 27 juin 2008 06:41

Lilith, IV, 3

Les semaines passent et se ressemblent.
Julien m'a acheté des lentilles de contact marron (la couleur de mes yeux). Avec ça, je peux utiliser mes yeux de démon sans que ça se remarque trop.
Les premières fois que je les ai portées, pour m'habituer, j'étais restée enfermée dans ma chambre pour que mes parents ne voient pas mes yeux rouges.

C'est le matin du départ. Tous les participants au voyage à Londres montent dans le train qui nous y conduira.
Une fois à l'intérieur du wagon, je prends bien soin de m'asseoir à une place où il n'y a personne à côté.
À peine je fourre ma valise dans le compartiment prévu à cet effet que j'entends une voix familière dans mon dos :
« Salut, Lilith.
Je me retourne.
-Salut, Julien. Qu'est-ce que tu fais là ? je lui demande.
Je constate qu'il s'est fait couper les cheveux. Ses mèches en désordre autour de sa tête lui donne l'air décoiffé. Le genre de décoiffé qu'on cherche à obtenir avec du gel.
Le demi ange pousse un soupir.
-Ma mère à insisté pour que je t'accompagne.
-Quel âge tu as, déjà ? je fais remarquer.
-Dix-huit ans. Mais elle a tendance à l'oublier.
-Rappelle-le lui.
-Vous vous connaissez, touts les deux ? questionne une fille de ma classe qui est assise derrière mon fauteuil.
-T'occupe pas de ça, Fatou, je lui recommande.
-Bon, bon... »
Le rouquin s'assoit à côté de moi.
Sa nouvelle coiffure nous permet d'avoir un sujet de conversation innocent. On parle pour parler. Pour ne rien dire, en fait
L'autre hybride réservera une chambre dans un hôtel pas trop chère de la capitale britannique.
« L'avantage d'être majeur. »

Une fois arrivés, les autres élèves de mon lycée inscrits au voyage et moi découvrons l'hôtel où nous serons logés pour la semaine. Ce n'est pas un cinq étoiles, mais le confort et le reste sont corrects.
Mon inscription a coûté chère à mes parents, alors j'ai bien l'intention de profiter du séjour.
Nous sommes plusieurs filles dans la même chambre (les chambres ne sont évidement pas mixtes). Quand on a fait la répartition, j'avais trop attendu pour choisir car ne voulais être personne.
Donc je me retrouve avec Fatoumata, dite Fatou, et ses deux copines. Elles sont dans ma classe mais je suis incapable de dire laquelle est laquelle. Pourtant, elles ne se ressemblent pas.Puisque je ne serais pas seule, je vais devoir cacher certaines affaires, comme les somnifères (j'en ai moins besoin maintenant que je contrôle mes rêves, mais on ne sait jamais) ; les pages où j'écris mes cauchemars, le nécessaire pour les lentilles de contact...
« Hé, Lili, le rouquin dans le train, c'était ton mec ? me demande Fatou au moment où nous déballons nos affaires.
Je manque m'étrangler. Moi et Julien ?
-De... Mais bien sûr que non ! Et en plus il est majeur !
-Ouais, ouais... fait-elle avec une ironie aussi subtile qu'un bazooka.
-Et puis... je commence.
Avant que je n'ais le temps de lui faire remarquer que je ne lui avais pas permis de m'appeler Lili, je me souviens que j'avais appelé ma « camarade » par son diminutif. En général seul ma famille et mes copains m'appellent Lili. Alors je décide finalement de laisser passer.
-Et puis quoi ?
-Laisse tomber. »
Fatou est le genre de personne qui semblent adorer porter du rose. Elle a toujours au moins une chose rose sur elle. Et elle sourit presque tout le temps. Ses dents bien blanches tranchent par rapport à sa peau noire.
Je finis de ranger mes vêtements dans une petite armoire.

Le lendemain, après la visite d'un musée l'après-midi, nous avons deux heures de quartier libre, dans un périmètre donné, et devons nous retrouver à 18 heures 30 là où le car nous a laissé.
Fatou et ses copines me forcent à les accompagner dans leur lèche-vitrines pour servir d'interprète.
Je suis plutôt douée en langues vivantes. En fait, je suis la meilleur de ma classe dans ces matières. À cause de ça, tout le monde me dit d'aller en L. Seulement, je veux devenir médecin. Pour soigner les maladies N'ayant jamais eu de ma vie l'occasion d'expérimenter ce phénomène par moi-même, la maladie m'a toujours fascinée.
Ca peut paraître un brin morbide, dit comme ça...
Julien s'approche de nous. Il porte un sac à dos noir et un t-shirt vert.
« Salut Lilith. J'ai recherché pour toi ce que tu voulais.
Je le remercie.
Il fouille dans la poche de son jean et me tend un papier. Je le prends.
Le demi ange a recopier toutes les entrées du bottin londonien qui comporte le nom de ma...génitrice.
Il s'approche d'un pas supplémentaire vers moi pour me chuchoter :
« Il y a plus de français à Londres que je ne pensais. J'espère qu'elle vit bien ici. Et qu'elle n'a pas changé de nom.
-Bon, ben, on vous laissez seuls... dit Fatoumata en agrandissant son sourire.
Devant l'air d'incompréhension de Julien, je décide de lui expliquer une fois les filles parties :
-Elle croit qu'on sort ensembles.
Il manque de s'étrangler.
-De... Moi...avec toi ?!
-Ca fait plaisir, j'ironise. Plus sérieusement, je la connais depuis l'année dernière. Je pourrais lui prouver par A plus B qu'elle se goure, elle ne me croirait pas. Et même encore moins."
Nous sortons un peu du périmètre autorisé pour aller à l'adresse inscrite le petit papier la plus proche ; en demandant notre chemin aux londoniens.
On cherche une femme à qui je ressemble. Mais, pour la forme, et pour avoir une excuse pour déranger les gens chez eux, nous demandons à celles qui nous ouvrent leur portes si elle ont vécu en France il y a une quinzaine d'années.
Deux nous répondent (mais elles ne sont pas celle que nous cherchons) et la troisième fois, il n'y a personne. Les deux premières sont rayées de la liste.
Et je dois déjà retourner au point de rendez-vous.
Je demande à Julien de continuer les recherches sans moi. Il parle lui aussi très bien l'anglais. Il m'a confié vouloir devenir interprète.
J'arrive juste à temps devant le car.
# Posté le jeudi 06 décembre 2007 12:29
Modifié le vendredi 27 juin 2008 06:38